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Plus Rien Ne S’oppose à La Nuit…

J’avais donné comme instruction à S. de se bander les yeux durant toute notre rencontre.

Il m’attendait dans son appartement à Paris. J’avais RDV à 19h30. J’avoue et je le dis à ceux que je ne connais pas encore que je ne rencontre que dans les hôtels. C’est vrai. Pour une première je trouve cela étrange d’aller chez les gens cela ne me semble pas naturel, c’est une intimité de l’autre que je n’ai pas forcément envie de partager… L’hôtel non plus mais il décentre la réalité, la rend « exotique » car on se retrouve en dehors de son quotidien, de ses repères. L’hôtel est un lieu de passage, anonyme… J’ai un sentiment d’égalité avec celui que je rencontre car nous sommes tous les deux à ce moment là en terrain inconnu…

Avec S. ce fut différent. Nous avons longuement discuté au téléphone avant de nous rencontrer. Sa voix était calme, son phrasé subtil et je l’imaginais comme un homme fin, mesuré, précis. Il avait le style d’un homme d’intérieur. J’ai ressenti à travers ses mots et ses silences qu’il trouverait son plaisir en étant dans son antre. Que quelque chose d’extérieur aurait pu lui couper toute envie, tout désir… Il avait quelque chose de ses héros solitaires qui vivent la nuit, en silence avec juste le murmure des étoiles…

En arrivant dans son loft au dernier étage d’un immeuble cossu je me dis que je ne m’étais pas trompée. Il avait laissé la porte entre ouverte. En la poussant je le vis assis sur une chaise haute les yeux bandés au milieu d’une grande pièce épurée. Elle était seulement décorée d’une statue géante comme un oiseau de bois ou d’acier qui vous interroge touchant presque le plafond (je me sentie toute petite sur mes talons du haut de mes 1M85). Quelques masques africains, des tableaux accrochés aux murs ou empilés à même le sol. Il m’attendait là immobile et classe dans un costume gris près du corps comme le porte les anglais… Il ne bougea pas à mon arrivée, seule sa voix basse me dicta que sur le coté droit de la porte il y avait un mur coulissant. Il me demanda de le faire glisser afin de faire disparaître la porte et pour qu’ainsi la pièce devienne totalement hermétique. Ce détail d’esthétisme et d’ambiance m’excita beaucoup à cet instant. Je devinais S. beau derrière son foulard sur les yeux.

J’étais très contente d’être là. Tout se déroulait comme un film… Paris brillait dans la nuit à travers les grandes baies vitrées. Une musique hypnotique tournait en boucle dans l’air pendant que je lui tournais autour comme on regarde une sculpture dans un musée. Je voulais le humer, lui faire tout ce que je voulais car avoir un homme à soi et se donnant à soi est quelque chose de merveilleux. Il ne bougeait pas, respirait fort à chacune de mes approches, de mes frôlements… Je passais mes poignets et mon cou devant son visage. Je voulais qu’il sente ce qu’il n’aurait pas tout de suite. Car nous avions prévu que les préliminaires durent longtemps jusqu’à ne plus tenir…

Je portais une jupe de cuir très moulante. Pour commencer j’effleurai S. avec mes mains. J’avais vite fait d’enlever sa veste et sa chemise afin qu’il garde son pantalon qui lui serrait un peu l’entre jambe si bien que je pouvais deviner à travers la force de son excitation… Je m’amusais à le frôler puis avec mes ongles le griffer, l’étreindre doucement puis fort. Je présentais mes seins couverts d’un body noir à dentelle juste à portée de sa bouche qu’il gardait ouverte prête à me téter. J’esquivais l’étreinte pour que le désir monte, puis je me tournais dos à lui, ses jambes écartées sur sa chaise haute, je pouvais lui présenter ma croupe enveloppée dans le cuir. Je me frottais fougueusement et sensuellement contre son entre cuisse, sur son sexe gonflé sous le pantalon. Le désir était là brutal et brulant. Mais il fallait tenir, ce n’était que le début… J’ôtais le pantalon de mon partenaire et lui ordonna de venir frotter son sexe nu contre mon cul de cuir. Il fallu pour cela me mettre à 4 pattes la croupe offerte prenant appui sur le canapé. Je me tortillais comme une liane. Je sentais S. allaitant. Mais il fallait tenir encore.

Alors je lui dis d’enlever ma jupe. Il s’assit devant moi sur le tapis, les yeux bandés toujours. Tous ses sens étaient en alerte. Il eu l’autorisation de gouter mes seins, il les dévora comme s’il en goutait pour la première fois. Je regardais sa langue sur le téton, sa salive l’inondait, mon sein lustré brillait sous la lumière tamisée… Il passait de l’un à l’autre avec le même acharnement et une infinie sensualité dans l’étreinte. Cela me faisait une décharge électrique jusqu’en bas des reins. J’aime m’offrir ainsi à un homme qui a un désir passionné et intense. C’est un plaisir réciproque. Je me sens comblée entre ses mains. Il dégrafa mon body. Je m’asseyais face à lui, cuisses légèrement écartées, mon sexe humide n’attendait que ses doigts. Il ne tarda pas à les faire jouer sur mon clito gonflé. Je commençais à partir. Mais il ne fallait pas que je parte trop, pas encore. Il stoppait la caresse pour revenir à mes seins, ses doigts étaient mouillés. J’avais envie de son sexe. J’avais envie de l’avoir dans ma bouche car comme une statue de chair, il ne bougeait pas, fier, dressé depuis le début de nos ébats. Il semblait attendre de se sentir vivant quelque par : dans ma gorge chaude. Je me baissais entre les cuisses de S. à genou, aveugle à ce que j’allais faire. Lorsqu’il senti mes lèvres, il tressaillit. Entre elles je faisais glisser son totem lisse et brillant, j’y roulais ma langue, les yeux fermés je me délectais de sa douceur. Pendant ce temps ses mains cherchaient ma croupe, la caressaient, la malaxaient… Tout cela dura ainsi 2h. S. n’y teint plus et moi non plus. Je lui dis de me prendre. Comme cela sur le tapis. Je me mis à quatre patte, primitive et sensuelle. Il me dit en parlant de son sexe dressé « il est à toi, fais en ce que tu veux ». Je le protégeais précieusement, puis il se mit derrière moi.

Je tendis le bras pour le diriger en moi : il glissa comme une évidence.

L’évidence, la communion des sens. Parfaite, juste, attendue. Je voyais dans le reflet de la baie vitrée, nos corps unis dans une bestialité exaltante, la beauté de S., ses yeux bandés, son corps de danseur vigoureux. Mes seins lourds remuaient sous ses coups de reins, j’entendais le claquement de son corps contre mes fesses tendues, son souffle haletant, le son liquide de mon sexe mouillé qui se serre. Le plaisir me fit griffer le tapis, je cherchais à m’accrocher, mais la jouissance me rattrapa et électrisa tout mon corps. Elle était continue, envahissante. Je ne pouvais lutter et me laissais aller, vaincue, par le plaisir.

Je vis S. qui se cambra derrière moi s’agrippant à ma croupe. Je vis ses lèvres s’entrouvrir, son visage se tendre. Il cria sa jouissance : rauque, animale. Comme un tigre.

Au dessus de la ville nous fûmes comme au premier soir du monde. Il y avait la nuit. Il y avait lui, moi et le silence…

Je me tournais vers S., repu il caressa sa tête contre mon sein. Il me dit « Est ce que je vois ton visage où on reste comme cela ? ». Je lui répondis « Comme tu veux, je ne sais pas… » Le rêve de toute façon appartient à chacun…

Il décida d’enlever son foulard. Il me dévisagea un instant puis me sourit. J’étais ravie de sa réaction, de son sourire. J’aime les compliments sans parole, les regards qui en disent long… Je lui souris aussi. Pour tout ce que je venais de vivre : sa grâce, son intensité, le plaisir donné et reçu, le temps suspendu.

Un homme et une femme dans un jeu harmonieux. C’est ainsi que je vous désire…

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